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Hommage à Rose-Marie GUERIN


Au matin du 20 octobre 2003, Rose-Marie Guérin est décédée.
Elle était la fondatrice du « Centre de Guénouvry », Institut de Rééducation, qu’elle dirigea pendant 25 ans. Elle se dévoua au soin d’enfants en très grande souffrance psychique et manifesta son engagement dans l’approche psychanalytique de leur déshérence.

A l’origine de la création de l’école expérimentale de Bonneuil sur Marne, elle fut, à la fin des années soixante, proche de la psychanalyste Maud Mannoni qui luttait contre toutes les ségrégations engendrées par la folie, qu’elles fussent politiques, idéologiques ou scientistes.

C’est dans l’ancienne école communale du bourg de Guénouvry, qu’avec son mari, Yves Guérin, elle transposa son savoir-faire, acquis dans la région parisienne.
Des enfants aux lourdes pathologies (autistes et psychotiques), y furent non seulement accueillis et intégrés dans un environnement rural apaisant, mais aussi et surtout, respectés dans le souci fondamental d’être reconnus dans leur humanité. Elle pensait, en effet, que la maladie est un langage en souffrance et elle avait la force, en la déchiffrant, d’insuffler à chacun le courage de la transformation personnelle. En donnant la parole à quiconque en exprime la volonté, c’est le regard de tous sur la folie qu’elle incitait à changer.

Son désir récent était de savoir que le cours de l’histoire se poursuivrait et que le temps qui passe n’altèrerait pas l’exercice, toujours recommencé, de la parole créatrice.

Les membres du Conseil d’Administration de l’A.R.T.P. par la voix de sa présidente, l’Institut de Rééducation, son directeur et son équipe, le Centre d’Accueil Familial Spécialisé et ses assistantes maternelles expriment leur douleur pour cette perte irrémédiable et souhaitent, par ces mots, lui rendre unanimement un dernier hommage.

Mais ce sont les interrogations des enfants dont elle était si proche , leur « parole vraie », qui empêchent que la mort ne se réduise à une enveloppe vide.
Rose-Marie Guérin partie, il nous faut leur répéter ce qu’elle a transmis : faire place à la parole est la condition d’humanisation de ceux qui se trouvent en grande souffrance psychique. Son message est désormais inscrit au Centre de Guénouvry : un lieu pour dire est d’abord et avant tout un lieu pour vivre.